And I don't wanna hear any bullshit
about "I don't believe in vampires"
because I don't fuckin' believe in
vampires either. But I do believe in
my own two fuckin' eyes, and with my
two eyes I saw fuckin' vampires! Now,
does everybody agree we're dealin'
with vampires.FROM DUSK TILL DAWN de Quentin Tarantino
L’ENIGME DU VAMPIRE
Prenez un vampire - non, c’est une image, vous pouvez le reposer ! - et inventorier vos certitudes à son propos :
Qu’il n’a pas les mêmes habitudes alimentaires que vous ;
Qu’il n’a pas le même rythme biologique que vous ;
Rien que ces deux traits méritent que l’on s’attarde sur son sort. Alors, qui est-il et existe-t-il vraiment ?
A la fois fascinant et terrifiant, le vampire fait parti de ces créatures
maléfiques (loups-garous, zombies) qui peuplent notre folklore mais
dont l’existence n’a jamais pu être prouvée. Une manière
d’aborder et de nourrir le débat est de considérer l’histoire
et la genèse du vampirisme ainsi que les éléments
présents dans le folklore et la culture des diverses civilisations
confrontées aux vampires.
LES ORIGINES DU VAMPIRISME
Depuis fort longtemps, le vampirisme jalonne l’histoire : une crainte quasi respectueuse des morts accompagnant une croyance dans le pouvoir magique du sang se retrouve dans nombres de cultures à travers le monde. L’image du mort retournant dans le monde des vivants pour s’abreuver de sang reste très forte au sein de l’Europe chrétienne.
C’est du Proche-Orient que les premières histoires de vampire apparurent. De bouche à oreille, elles firent leurs routes jusqu’en Méditerranée pour atteindre les pays slaves. Et c’est justement le peuple slave qui conserve actuellement la culture la plus riche sur les vampires.
Plus tard, les Gitans originaires d’Inde migrèrent vers l’ouest
et apportèrent, avec eux, leur propre culture sur les vampires qui
se mélangea au folklore local déjà bien enraciné
sur sol slave. L’établissement des Gitans en Transylvanie suivit
de peu la naissance de Vlad Dracula. Et, à l’époque, le vampire
n’était rien d’autre que le fantôme d’un défunt qui
fut sorcier ou mage durant sa vie ou celui d’un suicidé.
LES VAMPIRES AU SERVICE DE L’EGLISE
La présence du vampire dans le folklore était une réponse à certaines énigmes insolubles qui secouèrent la société. Beaucoup d’événements inexplicables furent mis sur le dos des vampires.
De plus, la croyance populaire concernant les vampires était
également utilisée par l’autorité pour réprimer
les comportements suicidaires. L’image du vampire devint alors un instrument
de contrôle social et moral pour les dirigeants. Ainsi, il ne faisait
aucun doute qu’un vampire potentiel, de son vivant, commettait des actes
illicites - le suicide, par exemple. Et celui qui causait un tort important
à la société ou aux autorités était
tout autant susceptible de devenir un vampire peu après son décès.
Sans oublier les excommuniés de l’Eglise qui constituaient, eux
aussi, les candidats aux rôles de vampire. La peur et l’intimidation
qui s’exprimaient à travers la croyance relative au vampirisme
étaient relayées par le pouvoir en place pour exercer un
contrôle sur les masses.
LE VERITABLE DRACULA
En 1431, la formidable poussée turque menace directement les provinces de Valachie de Transylvanie. Conduite par le sultan Mourad II, l’armée turque réussit à imposer sa domination en Bulgarie, en Grèce et jusqu’en Serbie.
C’est en novembre ou en décembre 1431 que naît Vlad Dracula dans une petite ville de Transylvanie à forte population saxonne, Schassburg, qui prendra par la suite le nom de Sighisoara. De son père Vlad le Diable, il hérite le surnom de Dracula (le «dragon» ou le «diable»).
Toujours en cette année 1431, le père de Dracula avait été admis dans l’ordre du Dragon renversé qui avait pour mission de combattre les Turcs et de défendre les intérêts du Catholicisme. Puis, vient le jour où Vlad le Diable fut contraint de traiter avec l’ennemi, de sorte que Dracula et son frère Radu le Bel furent emmenés comme otages en Asie Mineure, à Egrigoz.
Dracula en conçut une haine inexpiable contre les Turcs, dont il allait apprendre la langue et étudier la civilisation. En 1447, Vlad le Diable est assassiné. Libéré par les Turcs, Dracula s’empare en 1448 du trône de Valachie. Puis, accompagné d’une petite armée, il dirige des opérations d’une cruauté inouïe, non seulement contre les Turcs qui s’infiltrent en Valachie et en Transylvanie, mais aussi contre les villes allemandes de ces régions. Il voulait décimer les Saxons, tenants du catholicisme romain. C’est à cette époque qu’il se fit connaître sous le nom effrayant de Vlad Tepes, c’est-à-dire Vlad l’Empaleur. C’est par dizaines que ses victimes, Saxons, Turcs, paysans insoumis, seigneurs rebelles, périrent par le supplice du pal.
Ainsi, Dracula sévit d’abord en Transylvanie, qu’il dévaste et où il s’empare des villes de Sibiu, de Sercaia, de Fagaras et de Brasov. Puis, il se tourne vers la Valachie. Dès lors, Dracula peut lever une armée de 20'000 hommes et se tourner contre les Turcs. Il entreprend une formidable campagne contre Mehemet II, successeur de Mourad II : Il inflige aux Turcs de cuisantes défaites.
Pourtant, durant l’automne 1462, il est contraint de demander asile à Mathias Corvin qui le fait emprisonner à Visegrad, sur le Danube. Là, il épouse la propre fille de Mathias Corvin, dont il eut trois fils : Vlad Tepelus (le Petit Empaleur), Mihnea le Mauvais et Mircea. Pour cela, Dracula dut embrasser la religion catholique.
En 1474, Mathias Corvin libère Dracula et en 1475, il lui confie un commandement dans une campagne que les Hongrois mènent contre les Turcs en Bosnie et en Croatie.
En 1476, Dracula rentre en Transylvanie, où lui sont restitués ses duchés d’Amlas et de Fagaras.
En décembre 1476, il est tué par ses propres soldats alors que, déguisé en Turc, il tentait d’observer les mouvements de ses ennemis. La tête de Vlad Dracula fut prise par les Turcs et accrochée aux murs de Constantinople.
D’une cruauté inouïe de son vivant, Vlad Dracula continua à semer la terreur une fois décédé : les gens colportaient la rumeur que Vlad Dracula sortait de sa tombe pour terroriser la population.
Ainsi naquît la légende de Dracula.
LES VAMPIRES DANS LE MONDE
En Chine, en Egypte, à Babylone, à Rome, en Grèce ou au Japon le vampire est universel. Voici un petit tour d’horizon non exhaustif des races de vampires les plus célèbres :
Asabonsam, Communauté Ashanti du Ghana : D’apparence humanoïde, on le reconnaît grâce à sa paire de dents en métal et à ses pieds crochus. Il réside dans les forêts et se perche sur les arbres pour attraper ses proies. Il a tendance à mordre ses victimes au pouce.
Obayifo de l'Afrique de l’Ouest : L’Obayifo est en fait un sorcier respecté de la tribu. Mais, lorsque le crépuscule tombe, il se transforme en boule de lumière pour attaquer les humains (et spécialement les enfants) et sucer leur sang.
Feu-follet, Etats-Unis : Ce sont les colonisateurs européens et les Africains qui exportèrent leur croyance concernant les vampires en Amérique. Seul un type de vampire s’est développé en Amérique : le Fifollet ou Feu-follet. Le Feu-follet, bien connu d’abord des habitants de Louisiane, est inspiré du traditionnel Will-O-the-Wisp qui dérive du Incubus/Succubus français. Ce dernier est l’âme d’un enfant décédé sans avoir été baptisé. Les attaques du Incubus ou du Succubus sont particulièrement dirigées vers les enfants.
Dakhanavar de l'Arménie : Montague Summers mentionne le Dakhanavar dont la spécialité est de protéger les vallées des intrus. Il s’en prend aux gens la nuit et suce leur sang en les attaquant aux…pieds.
Yara-ma-yha-who, Australie (folklore aborigène) : Le Yara-ma-yha-who est un petit bonhomme rouge de moins d’un mètre doté d’une bouche extrêmement grande et de doigts palmés. La nourriture le préoccupe peu, mais à l’instar de l’Asasabonsam, il établit son domicile dans les arbres. Et quand un malheureux s’abrite sous l’arbre en question, la créature place ses pieds et ses mains sur le corps de l’individu et aspire son sang jusqu’à ce que perte de connaissance s’en suive. Plus tard, il revient vers sa victime et vide entièrement le corps de son sang.
Baital, Inde : Moitié humain, moitié chauve-souris, il mesure environ 1 mètre 50.
Baobhan Sith, Ecosse : Démon écossais qui prend l’apparence d’une magnifique jeune femme qui séduit les hommes et ensuite les dévore. Cette créature peut facilement être éliminée avec de l’acier froid.
Bruja, Espagne et Italie : Sorcière se transformant en différents types d’animaux pour attaquer ses cibles favorites : les enfants.
Ch’Iang Shih, Chine : D’apparence livide, il est le produit du saut d’un chat sur le corps d’une personne décédée. Sa respiration peut tuer. Comme tout vampire qui se respecte, il suce le sang de ses victimes. A l’image du Will-O-the-Wisp, sa forme immatérielle est une sphère de lumière.
Ekiminus, Moyen-Orient : Esprit maléfique (moitié fantôme, moitié vampire) invisible qui envoûte les humains. Il peut être éliminé en utilisant diverses armes en bois et par l’exorcisme.
Kathakano, Crète : Il est particulièrement redoutable car l’unique moyen de s’en débarrasser et de le décapiter et de faire bouillir sa tête dans du vinaigre.
Krvopijac ou Obour, Bulgarie : Il ne possède qu’une seule narine et une langue pointue. On peut facilement immobiliser un Krvopijac en entourant son cercueil de roses.
Lamia, Rome et Grèce antique : Il s’agissait de vampires femelles dont l’apparence était le croisement d’un humain avec un animal (souvent un serpent pour la partie inférieure du corps). Ces vampires dévoraient la chair de leurs victimes et buvaient leurs sangs. Des armes ordinaires suffisaient à éliminer les Lamia.
Rakshasa, Inde : Vampire et magicien très puissant. D’apparence humaine, il est trahi par une distinction anatomique animale ou vice-versa. Le tigre représente particulièrement souvent le côté animal. En plus de boire le sang de sa victime, il la dévore. Le Rakshasa est vulnérable par la brûlure, par les lumières du jour ou par l’exorcisme.
Strigoiul, Roumanie : Il adore attaqué en bande. De l’oignon placé dans sa gueule ou lui arracher un cœur est radical pour s’en débarrasser.
Succubus, Europe : Après la relation sexuelle avec sa future victime, il lui suce son énergie. Il peut prendre l’apparence d’autres personnes. La victime du Succubus vivra son expérience par le rêve. La version mâle du Succubus est l’Incubus.
Vlokoslak ou Mulos, Serbie : Il porte des vêtements blancs et reste actif aussi bien le jour que la nuit. Il peut se transformer en cheval ou en mouton et mange sa victime ou boit son sang. Pour le tuer, il faut lui couper les dents ou leur enfoncer un ongle dans le cou. Au choix.
Upierczi, Pologne et Russie : Il tue ses victimes depuis l’aube jusqu’à minuit et ne craint que le feu. Une fois brûlé, le corps du vampire donne naissance à des centaines de petits animaux dégoûtants (des asticots, des rats, etc…). Si l’une de ces créatures s’échappe, l’esprit du Upierczi s’échappera également et reviendra pour assouvir sa vengeance.
Ustrel, Bulgarie : C’est l’esprit
d’un bébé né le samedi et mort avant d’avoir reçu
le baptême. Il sort de sa tombe pour sucer le sang du bétail.
LES PRINCIPALES CARACTERISTIQUES DU VAMPIRE
Les pouvoirs du vampire :
- Le changement de forme : la plupart des vampires peuvent se transformer en animaux (chauve-souris, rat, loup, chat, araignée ou corbeau sont leurs formes favorites). Un certain nombre d’entre eux peuvent aussi prendre l’apparence de nuage ou de brume.
- La force : ils possèdent une force surhumaine et leurs sens dépassent ceux des mortels.
- Le contrôle : Seuls quelques vampires ont la capacité
de contrôler la volonté et le mouvement de certains animaux.
Ce sont souvent les mêmes animaux dont ils prennent la forme qui
sont contrôlés par ce pouvoir.
Les faiblesses du vampire :
- Le cercueil : Pour une question de survie, presque tous les vampires doivent dormir dans leur cercueil durant le jour.
- Les rayons de soleil : Là aussi, la quasi majorité des vampires craignent la lumière du jour. Beaucoup en sont affaiblis tandis que pour d’autres, les rayons sont blessants voire même mortels.
- Les symboles religieux : Dans la plupart des cas, le symbole n’est pas suffisant pour blesser un vampire. Une foi sans faille est même nécessaire. Dans certains cas, il n’est pas obligatoire que le symbole soit religieux.
- Le reflet : Les vampires n’ont pas de reflet dans les miroirs. Placer un vampire entre deux miroirs peut être fatal pour certains d’entre eux.
- L’eau courante : les vampires ne peuvent pas traverser l’eau courante
comme une rivière ou un fleuve.
ELIMINER UN VAMPIRE : MODE D’EMPLOI
?-Enfoncer un pieu dans le cœur du vampire. A l’origine de cette méthode, la croyance que le cœur est le siège de la vie et du pouvoir.
- Décapiter le vampire pour lui ôter le cerveau du corps, qui est sa force vitale.
- Brûler le vampire : c’est une méthode universelle pour
s’en débarrasser.
DEVENIR UN VAMPIRE : MODE D’EMPLOI
- Si une personne meurt et qu’un animal (souvent un chat) saute sur le corps avant qu’il soit incinéré, le décédé devient un vampire.
- Dans la Grèce antique, on disait que les personnes rousses reviendraient, après leur mort, sous la forme de vampire.
- Le suicide.
- Avoir été un sorcier.
- Avoir été le 7ème fils.
- S’être fait mordre par un vampire.
- Boire le sang d’un vampire.
- Avoir été la victime d’un crime resté impuni.
- Avoir eu l’image de son propre cadavre réfléchie dans un miroir.
- Ne pas s’être fait incinérer convenablement.
BREF HISTORIQUE DES VAMPIRES
Préhistoire
Les premières croyances concernant les vampires émergent en 1047 après Jésus-Christ
Première apparition du mot «Upir» qui deviendra plus tard «Vampire» dans un texte faisant référence à un Prince russe dénommé «Upir Lichy».
1431 - Vlad Tepes, le fils de Vlad Dracul, est né
1476 - Vlad est assassiné
1560 - Naissance d’Elizabeth Bathory
1610 - Bathory est arrêtée et accusée d’avoir tué plusieurs centaines d’individus et de s’être baignée dans leurs sangs. Elle fut condamnée à la réclusion à perpétuité.
1748 - Heinrich August Ossenfelder écrit le premier poème moderne consacré aux vampires. Il est intitulé «Der Vampir»
1772 - En Russie apparaît une hystérie concernant les vampires
1847 - Naissance de Bram Stoker
1897- Le Dracula de Bram Stoker est publié en Angleterre.
1920 - Dracula, le premier film basé sur le roman, est produit en Russie.
1931 - Version américaine du film Dracula avec Bela Lugosi.
1964 - Parmi les monstres de la Family Addams se trouve un vampire.
1976 - Le roman «Interview avec un Vampire» d’Anne Rice est publié. La même année, Stephen King est nominé pour son roman qui met en scène un vampire «Salem».
1980 - La Fondation Bram Stoker est fondée à Dublin, Ireland. Richard Chase, le soi-disant Dracula de Sacramento, Californie, se suicide en prison.
1992 - Le Dracula de Bram Stoker est produit par Francis Ford Coppola. Andrei Chikatilo de Rustov, Russie est condamné à mort après avoir tué et «vampirisé» quelques 55 personnes.
1994 - Le film adapté du roman «Interview avec un vampire»
d’Anne Rice est produit aux Etats-Unis.
CONCLUSION
Au cours des paragraphes précédents, nous avons constaté la longue aventure du vampirisme à travers les âges et son universalité dans toutes les cultures et civilisations. Par contre, rien ne plaide en faveur de l’existence matérielle du vampire.
L’absence de preuve est-elle une preuve de l’absence ?
SOURCES
Vlad Dracula, An intriguing figure in the fifteenth century, By Benjamin
H. Leblanc
in Issue #5 of Journal of the Dark
Florescu, Radu, and Raymond T. McNally. Dracula: A Biography of Vlad
the
Impaler, 1431-1476. New York: Hawthorn Books, 1973. 239 pp.
McNally, Raymond T., and Radu Florescu. In Search of Dracula: The History
of Dracula and Vampires Completely Revised. 1972. Reprint. Boston:
Houghton
Mifflin Company, 1994, 297 pp.
POUR PLUS D’INFORMATIONS :
The Transylvanian Society of Dracula
47 Primaverii blvd.
Buccuresti 1
ROMANIA
tel.: 401-6666195
fax: 401-3123056